Pendant que l’eau file…

Pendant que l'eau file: fragilité et espoir 3
Pendant que l’eau file/ fragilité et espoir 3
Pendant que l'eau file: au-delà de la profondeur
Pendant que l’eau file…

L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible

Paul Klee (1879-1940)

Marie-Andrée Côté revisite le thème de la nature qu’elle matérialise par son médium, la céramique. A celui-ci, elle en adjoint quelques fois un autre, la photographie, qui, initialement utilisée comme point de départ de son processus créatif, est maintenant mariée à ses œuvres tridimensionnelles.

La présente exposition comprend plusieurs œuvres; malgré le fait que chacune d’elles soit formellement différentes, comme dans la nature, toutes ont vu le jour pour le même motif et dans la même finalité: transposer la nature en faisant ressortir ses plus infimes détails. C’est par la grande maîtrise de l’artiste que le micro devient macro; les formes sont façonnées et reprennent vie, faisant ainsi découvrir des merveilles insoupçonnées.

 Dans une partie de l’exposition, l’artiste reproduit des diatomées, ces microalgues unicellulaires qui représentent le groupe d’algues le plus important du phytoplancton. Au mur, les pièces au nombre de trois cents, regroupées soit en duo, soit en trio, sont légèrement bombées comme leur modèle. Ces algues, habituellement microscopiques, sont ici agrandies et transformées en formes sculpturales multipliées. La répétition des éléments ainsi que leur différence physique ne sont pas sans rappeler ce qui se passe dans la nature où la répétition des formes ne se fait jamais de façon identique.

Une autre partie présente des diatomées de formes différentes, entourées par un cadre en bois aux couleurs froides, semblent flotter dans l’espace. Comme ce type d’algues peut aussi vivre dans la glace, l’artiste suggère l’état « glacial » par de magnifiques photographies de paysages hivernaux, lesquelles sont accrochées au mur derrière les œuvres. Cette installation porte aussi un discours écologique car la fonte des glaces pourrait mettre en péril l’existence de ces algues.

Une autre partie est consacrée aux volvox; ceux-ci sont présentés sous une forme qui rappelle celle de galets faits en céramique et magnifiquement texturés.

 En plus d’occuper les murs de la salle, certaines œuvres sont suspendues au plafond. L’effet de multiplication recherché est ici rendu par un miroir déposé au sol.
Dans un épurement des plus esthétiques, Marie-Andrée Côté transpose avec talent la beauté de la nature. En établissant un dialogue métaphorique avec le regardant, l’artiste confirme son rôle de médiateur entre l’art et la nature; médiation qui s’avère, encore une fois, des plus magnifiques…


Mylène Blanchet – Historienne de l’art

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