
Équilibre fragile – Porcelaine, aluminium – 71cm de diamètre – 2023


Ce lien qui m’habite
Le travail de Marie-Andrée Côté en est un de déchiffrement et de rassemblement. Déchiffrement – pour la lecture attentive de la nature, de ses récurrences, de ses secrètes correspondances, de ses merveilles cachées – sous-tendu par une connaissance approfondie des processus naturels. Le rassemblement se fait en plusieurs temps. À partir des photographies prises sur le vif, elle décompose les parties qui les constituent pour en retenir l’essentiel : les formes des fleurs, des fruits, des semences. Puis, par un patient travail de céramiste ou de photographe, elle invente des pétales et des feuilles qui s’accumuleront et seront recomposées dans un ensemble signifiant. Loin de mimer la nature, Marie-Andrée Côté la réinvente pour que nous la voyions mieux. En effet, il semble que nous soyons devenus aveugles collectivement, pour ne pas voir la dégradation et les dangers multiples qui pèsent sur elle. L’artiste, toutefois, ne prend ni la voie du moralisme, ni celle du champ de ruines. C’est en célébrant et en magnifiant des fragments qui nous auraient paru à première vue sans intérêt qu’elle nous amène à l’émerveillement devant ces fragiles composantes, et, peut-être, à une prise de conscience pour agir et les protéger.
La pratique de Marie-Andrée Côté fascine les spectatrices et spectateurs. Au surplus, son savoir-faire de céramiste et de photographe lui fait réaliser des œuvres aux textures sensuelles et d’une impeccable finition. Intrigantes sans être hermétiques, leurs détails incitent à la contemplation. C’est un travail contemporain de réflexion sur la réalité intégrant la dimension « fait main » des métiers d’art.
Commissaire de l’exposition: Pascale Beaudet

